Stèle des Déportés-Résistants du canton de L’Argentière-La Bessée

 

Auguste CELSE , né le 7 décembre 1914 à L’Argentière-La Bessée, domicilié à Grenoble, devient membre de la résistance et s’engage dans les FFI. Il est recruté dans les groupes Francs de l’Isère de l’A.S. Il est arrêté lors de la manifestation patriotique du 11 novembre 1943 à Grenoble, il est déporté depuis Compiègne-Royallieu pour le camp de BUCHENWALD le 17 janvier 1944, puis transféré en février 1944 dans le camp de concentration de DORA, en kommando de travail dans le fameux tunnel de la mort où étaient fabriquées les fusées V1 et les V2. Il sera ensuite évacué en avril 1945 dans le camp de RAVENSBRÜCK où il y restera jusqu’à sa libération le 3 mai 1945 et libéré définitivement quelques jours après à PARCHIM. Il est rapatrié le 19 mai 1945 et sera décoré dans l’ordre de la Légion d’Honneur en 1974. Il décède en 1982, des suites de sa déportation.

Laurent VAYR, né le 21 décembre 1911 à L’Argentière-La Bessée, domicilié à Grenoble, conducteur SNCF, est arrêté lors de la manifestation patriotique du 11 novembre 1943 à Grenoble. Il est déporté le 17 janvier 1944 depuis Compiègne pour le camp de BUCHENWALD. Le 11 février 1944 il est transféré au camp de concentration de DORA, d’où il sera évacué début avril 1945. Il décède le 22 mai 1945 à SATOW. Attribution des mentions Mort pour la France et Mort en Déportation et sera décoré dans l’ordre de la Légion d’Honneur à titre posthume et au titre de l’armée de terre comme sous-lieutenant.

Eugène CELSE, né le 25 mai 1908 à Saint Martin de Queyrières, est gendarme à la brigade de Bagnolet (75). Il est arrêté par la Gestapo le 7 août 1944 à sa brigade pour faits de Résistance, puis déporté de la gare de Pantin le 15 août 1944 à BUCHENWALD. Il est ensuite transféré au camp de concentration de DORA, puis au terrible kommando d’ELLRICH où il meurt le 12 janvier 1945. Attribution de la mention Mort en déportation.

La tragique journée du 11 novembre 1943 à Grenoble :

Ce jour-là et malgré les interdictions du gouvernement de Vichy, les divers mouvements de résistance grenoblois appellent la population et les résistants à cesser le travail et à se rendre (en empruntant un long parcours dans la ville et ainsi passer devant la Milice) au monument aux Morts des diables bleus afin d’honorer la mémoire des poilus et d’y déposer une gerbe et chanter la Marseillaise. Les Allemands déjà préparés à intervenir prennent en tenaille les 1500 manifestants avec l’ordre de tirer. Le massacre fut évité grâce à la police française (GMR) qui s’interpose entre les allemands et les patriotes. Plus de 600 personnes furent arrêtées et enfermées dans la caserne de Bonne. Les femmes et les enfants furent relâchés, puis après quelques libérations, ce sont 376 personnes, dont une dizaine de Hauts-Alpins se trouvant parmi les manifestants qui furent envoyées au camp de Compiègne-Royallieu pour être ensuite déportées pour les divers camps de la Mort en janvier 1944. Peu de ces personnes connurent la joie du retour, à peine 120 survécurent à l’enfer concentrationnaire nazi.

Suite à cette manifestation, la Gestapo procède à de nombreuses arrestations, déportations et exécutions de chefs de réseaux en particulier dans la journée du 25 novembre dans la ville afin de décapiter la résistance, journée qui restera marquée comme étant la Saint-Barthélémy grenobloise.

Le 5 novembre 1944, le Général DE GAULLE remettra à la ville de Grenoble conjointement à 4 autres villes en France la Croix de la Libération, en citant dans son discours la fameuse manifestation patriotique du 11 novembre 1943 comme étant un acte courageux de Résistance à Vichy et à l’occupant nazi.

Sources :

  • Amicale des Déportés-Résistants et familles de disparus du 11 novembre 1943 de Grenoble,
  • Le Souvenir Français du canton de l’Argentière-la Bessée,
  • La Fondation pour la mémoire de la Déportation (Ministère de la défense – Caen).